Déforestation : les écolos en faveur du sapin artificiel

Une pépinière produisant des sapins de Noël dans la Loire. - FAYOLLE PASCAL/SIPA
Une pépinière produisant des sapins de Noël dans la Loire. – FAYOLLE PASCAL/SIPA

Suite à leur congrès du 2 novembre 2015, les écologistes se sont prononcés en faveur de l’achat d’un sapin artificiel pour fêter Noël. Explications.

La question épineuse du choix du sapin ne fait plus débat. Pour de nombreuses familles, les directives concernant la décoration de leur salon étaient attendues depuis plusieurs semaines. Pour Vanessa Painvert, chargée de communication du congrès, il ne pouvait en être autrement.

« Certes, le sapin artificiel est un produit 100% pétro-chimique, mais l’exploitation du sapin naturel pollue encore plus la planète »

De trop nombreuses raisons doivent en effet nous amener progressivement à l’abandon du sapin naturel pour les fêtes, conclut-on en conférence de presse. Nous vous en avons listé quelques-unes.

  • La coupe des sapins contribue à la déforestation massive de nos forêts.
  • Les engrais et pesticides utilisés pour la production sont un fléau pour l’atmosphère.
  • Abattre un sapin, c’est tuer un être vivant.
  • Le conditionnement et le transport des sapins produisent du C02, premier agent nocif pour la couche d’ozone.
  • Les forêts de sapins exploitées entravent la bio-diversité.
  • Les sapins naturels perdent leurs épines dans les salons, et se retrouvent sur les tapis.

L’association écologiste envisage de créer très prochainement une campagne de sensibilisation massive pour convaincre la population de passer au tout-pétrole pour les fêtes. Pour se faire, elle peut aussi compter sur son principal atout économique. La réutilisation annuelle du sapin permet en effet à chaque famille de rentrer dans ses frais dès la quatrième année.

Écologie : elle allume un sapin de Noël artificiel avant la COP21

 

En exclusivité, le sapin artificiel éclairé qui a créé la polémique. Photo Pierre Burban

C’est à Rennes, dans le quartier étudiant, qu’a eu lieu l’incroyable fait d’hiver. Aude*, une jeune citoyenne de 21 ans, a renié l’esprit COP21 hier, le 15 novembre 2015, en branchant une guirlande sur son sapin de Noël artificiel. Notre reporter s’est rendu sur place. Voici les détails de l’affaire.

À notre arrivée, Hugo*, le colocataire qui a prévenu la police, est encore sous le choc. Aude, d’ordinaire taciturne et déprimée, avait pourtant laissé filtrer quelques signes annonciateurs du drame, comme nous le confie Pierre*, un autre colocataire.

« En la voyant revenir des courses, nous avons tout de suite su qu’il se tramait quelque chose de dangereux : elle avait le visage anormalement éclairé»

Pour cet étudiant qui se dit « engagé écologiquement », la coupable est clairement victime de la société de consommation. Celle qui aurait dépensé 100 boules pour s’offrir ce sapin en plastique a pourtant rendu verts tout ses proches.

 

Terrorisme climatique

Alors que près de 80% des 18-30 ans se disent concernés par la protection de l’environnement (d’après une source naturelle de montagne), l’avenir de la planète semble indifférer Aude, que nous avons rencontrée.

« Je n’ai toujours pas compris pourquoi je me suis faite enguirlandée » nous annonce Aude d’entrée de jeu. Visiblement marquée, elle ne semble pas consciente de toute l’actualité médiatique qui l’entoure. À deux semaines de l’ouverture de la 21ème conférence sur le climat à Paris, dont les enjeux sont colossaux, chacun dans l’appartement fait pourtant des efforts pour limiter son impact écologique. Hugo trie les poubelles et pense à éteindre la télé presque à chaque fois en sortant du salon, tandis que Pierre urine sous la douche tous les matins pour économiser une chasse d’eau.

Son ex-petit ami, directement mis au courant de l’affaire, a immédiatement rompu par texto en évoquant un acte de « terrorisme climatique » qu’il ne peut cautionner. Il aurait par ailleurs ajouté qu’elle était « aussi allumée que son sapin ».

Un accord en vue

Une petite centaine de personnes s’est réunie sous le balcon de l’appartement pour exprimer son indignation. « C’est un mauvais cadeau pour la planète ! » clame l’un des manifestants. Interrogé, il nous a également révélé qu’après avoir vu un documentaire sur le méthane rejeté par les bovins, il se retient de relâcher ses gaz intestinaux depuis bientôt 3 mois, en soutien aux ours polaires.

Pour autant, des pourparlers sont en cours entre François Hollande, qui s’est personnellement emparé de l’affaire, et l’allumeuse de sapin. Le Président, qui veut conserver toute sa crédibilité en vue de la COP21 que la France organise à partir du 1er décembre 2015, veut parvenir à un accord sur la durée d’allumage des guirlandes électriques.

Malgré le climat glacial qui règne dans l’appartement, Aude a déclaré qu’elle s’apprête à porter seule la responsabilité du réchauffement climatique international. Le sapin restera donc branché au moins pendant une semaine supplémentaire, un stock de pizzas ayant été acheté en même temps que le sapin.

Certains écologistes extrémistes lui accordent leur soutien sur internet en promouvant l’achat par tous d’un sapin artificiel, sans pour autant cautionner la présence d’une guirlande électrique autour.

*Devant l’ampleur que prennent les événements, la rédaction a décidé de changer les noms.